« Convertissez-vous et croyez à l'évangile » (Mc 1,15)

 

La conversion du carême touche notre être le plus profond. Il nous faut réapprendre Dieu pour nous laisser saisir par le Dieu de Jésus. Le carême n'est pas d'abord une ascèse annuelle - on n'a pas besoin d'être chrétien pour faire cela -il est notre recyclage et se termine par notre profession de foi baptismale renouvelée. Quarante jours, pour réapprendre qui nous sommes et, conséquemment, vivre selon ce que nous aurons découvert.

 

L'Eglise est un peuple en marche. En ce début de carême, nous entrons dans la marche du Christ vers sa passion et dans sa montée vers sa résurrection. Nous hâtant vers Dieu, reprenant les origines nomades de notre foi, retrouvant la marche d'Abraham, le croyant, et la démarche de nos pères dans la foi, nous acceptons le désert et la marche en avant vers le Père. 

 

Notre marche sera d'abord un partage fraternel, car il n'est pas possible d'aller vers Dieu dans l'injustice et l'accaparement. Cette marche sera ensuite une prière qui nous livre à l'action et à la volonté du Père. Cette marche sera enfin un dépouillement, un renoncement à nous-mêmes. Mais la parole de Dieu nous met en garde : notre religion, notre justice, qu'elles ne soient pas de façade, ni de convenance. Tout cela n'a de valeur qu'auprès du Père. Le Christ nous détaille ses exigences de secret, pour le partage, la prière, et le jeûne. La religion ostentatoire est une religion dévaluée. La religion triomphaliste est une religion sans valeur.

 

Se préparer à la Pâques, c'est se quitter soi-même. Si donc, en ce carême, nous pouvons marcher, c'est parce que déjà le Christ nous a saisis et qu'il nous précède. Pour un chrétien, la grâce est plus forte que le péché, la vie plus vraie que la mort. Rien n'arrêtera jamais la vie. Déjà nous fêtons le pardon des péchés, nous annonçons la victoire de Jésus-Christ et sa bienheureuse espérance. La vie ne fait que commencer et nous la porterons loin.

 

 

 

P. Aymar